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Chronique ciné de Circé : Dragons et le handicap

Dragons (2010) est un film d’animation dont les protagonistes sont porteurs de handicap : c’est rare, et cela mérite bien que j’en parle dans cette chronique. Attention, spoilers !

Inspiré du roman pour enfants Comment dresser votre dragon de Cressida Crowell, Dragons (titre original : How to train your dragon) est un long-métrage en images de synthèse de Dreamworks, sorti en 2010. Sa suite (Dragons 2) est sortie en 2014 et un troisième volet devrait arriver sur les écrans en 2018. L’histoire se passe à Beurk, village viking situé en pleine mer entouré de différentes îles. Le narrateur est Harold, qui nous raconte son histoire et celle du village : celles des vikings, leurs coutumes, leur douceur légendaire, leurs activités banales, leurs moutons. Déjà, le monde viking suffit à créer une ambiance, un univers. Le ton est très drôle, avec bon nombre de blagues et jeux de mots s’adressant tout autant aux enfants qu’aux adultes. Les dessins sont très agréables, les émotions très bien retranscrites, même sur les dragons.

Harold, l’anti-héros 

Nous découvrons donc ce village à travers les yeux de Harold, un jeune adolescent et fils du chef de village, Stoic. Il est petit, maigre : en un mot, faible pour un viking. Il ne fait pas la fierté de son père («Chaque fois que tu mets un pied dehors, les catastrophes s’enchaînent»). Pour lui, point de chasse aux dragons.

Il est vu par tous les villageois comme un fardeau sur lequel il leur faut constamment veiller. Il passe tout son temps à inventer des machines, à lire et à cartographier les îles – ce qui n’est pas particulièrement ce que l’on attend d’un viking, et en particulier du fils du grand chef. Pour autant, il rêve de s’intégrer, de devenir un « vrai viking» (« Je veux juste être un des vôtres »).

Il correspond à tout sauf à l’image du héros beau et fort. Il est plein d’humour et d’autodérision envers lui même (« Les autres perdent un couteau ou leur chope, moi je perds un dragon, entier !»). Il est intelligent et malin… Et va révolutionner la vie des habitants de Beurk.

La découverte de l’Autre

Un jour, Harold crée une machine qui va lui permettre de palier à son absence de force et de s’attaquer aux dragons. Durant la bataille, il réussit à en blesser un mais personne ne l’a vu et personne ne croit à son exploit. Harold part alors à la recherche du dragon blessé, qu’il finit par retrouver seul dans un gouffre verdoyant.

Il est fier, très fier : c’est un dragon de type « furie nocturne », celui que tout le monde craint, que jamais personne n’a jamais vu de près et encore moins attrapé. Harold va très vite comprendre qu’il est incapable de le tuer. Il se contente de l’observer, d’en faire le croquis. Harold réalise alors que l’animal n’arrive plus à voler à cause de la blessure irréversible à la queue que lui a infligé sa machine et qui l’empêche de s’enfuir de la vallée dans laquelle il l’a trouvé.

Une amélioration mutuelle

Au fil de ses rencontres avec le dragon, Harold va se demander pourquoi celui-­ci n’essaie pas de l’attaquer, comme on lui a toujours dit. Dans le même temps, Harold suit des cours de chasse aux dragons avec les autres adolescents du village, il va peu à peu s’attacher à la Furie Nocturne, jusqu’à lui donner un nom : Croc Mou. Il comprend que les dragons ne sont pas foncièrement mauvais et que si l’on s’approche d’eux avec douceur, ils ne font aucun mal.

Il va aussi inventer une prothèse d’aileron capable de remplacer celui désormais absent de Croc Mou. Après maintes essais et améliorations, il réussit à installer un aileron de fortune, qui peut s’ouvrir ou se fermer selon les besoins. Mais pour faire fonctionner cette prothèse mécanique, il faut qu’Harold la dirige, depuis le dos de Croc Mou, lorsque celui-ci est en vol. Croc mou, grâce au garçon, pourra recommencer à voler, à vivre sa vie de dragon et Harold grâce au dragon découvrira le plaisir de voler et développera sa capacité à communiquer avec les dragons, ce qui lui donnera au fil du temps, une vraie place au village.

Un nouveau monde

Lors d’un combat qui révèlera au reste du village l’existence de l’amitié entre Harold et le dragon, Croc mou sauvera le garçon d’une mort certaine, le protégeant de son corps des flammes qui les entourent. Harold survit « en grande partie » : il est vivant mais a perdu sa jambe gauche.

Les deux amis deviennent inséparables et comme Harold a aidé Croc mou à pouvoir revoler, Croc mou l’aidera à remarcher quand il se réveillera après l’accident avec une prothèse à la place de sa jambe gauche. Ce duo est désormais reconnu de tous, tout comme la capacité d’Harold à communiquer avec n’importe quel dragon. Un nouveau monde s’ouvrira à Beurk grâce à eux. La vie y deviendra plaisante et les dragons deviendront les amis des vikings.

On prône dans notre société que le handicap ne doit pas empêcher de vivre, de faire ce que l’on a envie. Ce film en est l’illustration parfaite. Le handicap et la différence y ont une grande place dans ce film sans forcément être nommés : ils sont simplement là.

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