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Chronique ciné de Circé : Avatar

Principalement connu avant tout pour ses effets spéciaux bluffants et la beauté de ses images, Avatar (2009) reste encore aujourd’hui le plus gros succès de l’histoire du cinéma, juste devant Titanic, également réalisé par James Cameron. Une fois n’est pas coutume, le héros de ce block-buster de tous les records est (parfois) paraplégique…

Jake Sully (Sam Worthington) est un marine blessé au combat, devenu paraplégique. Suite à la mort de son frère, l’opportunité lui est offerte de faire partie d’une mission spéciale. Il se retrouve embarqué sur la planète Pandora où, l’air étant toxique pour l’homme, des chercheurs ont crée des avatars. Il s’agit de créatures créées grâce à de l’ADN humain et de l’ADN des autochtones et contrôlées à distance par un humain qui devient alors cet avatar.

Un élément parmi d’autres

Jake est engagé pour devenir l’un d’entre eux ; quand il est son avatar, il marche, court, saute à nouveau. Ce n’est pas le point le plus important du scénario, ce n’est même qu’un point subalterne de l’histoire, qui parle avant tout de personnes qui veulent conquérir un territoire, occupé par des autochtones, pour ses richesses. On voit s’égrainer au fil du film, autour de ce thème principal, des histoires d’amour, d’amitié, de conflits interpersonnels, d’ego démesuré, mais aussi l’histoire d’une personne paraplégique qui retrouve ses jambes…

Il est difficile de se départir d’un regard un peu misérabiliste où pour être heureux, un paraplégique doit retrouver ses jambes. Et en même temps, c’est vrai qu’Avatar est un peu le rêve de toutes personnes ayant perdue ses jambes ou toute faculté considérée comme normale.

Apologie de la puissance

Le fait que Jake soit une personne handicapée est-il une volonté de marquer encore plus la force hors du commun de ces « avatars »? Dans la premières scènes où Jake incarne son avatar, on le voit qui part en courant sans prendre le temps, comme le lui demandent les médecins, d’appréhender son nouveau corps. Bien sûr, le fait que ses jambes réelles ne lui servent plus à rien doit jouer, mais en même temps qui ne serait pas joyeux et étonné de se retrouver dans un corps plus grand, plus fort, plus performant ?

On voit, tout au long du film, l’alternance entre le corps de l’avatar et le corps réel de Jake, qui doit utiliser un fauteuil roulant. On le voit d’ailleurs installer ses jambes dans la machine qui lui permet de se connecter à son avatar. Ce contraste illustre très bien cette opposition entre corps faible et corps puissant.

Le contraste corps/avatar

Mais alors, est-ce un film racontant l’histoire d’une personne handicapée ? Pas vraiment. On voit les réactions des collègues de Jake quand il arrive sur Pandora : les gens ne voient que son fauteuil et se demandent même « ce qu’on leur a envoyé là ». Il y a une scène où notre héros doit sortir en urgence de la machine et fuir avec une partie de l’équipe ; on voit alors l’aide dont il a besoin pour certains mouvements. Mais ce ne sont que quelques scènes éparses.

C’est dans son rôle d’avatar, que se passe la majorité du film : les scènes d’actions, de sa découverte de la forêt, de combats ou d’amour, lorsqu’il dévoile ses sentiments à la femme qui l’initie. C’est aussi dans ce corps qu’on le voit faire preuve de courage lorsque, notamment, il se plie aux rites initiatiques des autochtones. C’est aussi vers le corps de l’avatar qu’il retournera à la fin du film, de manière définitive.

Quelle vision adopter ?

On a parfois l’impression que le handicap n’est là que pour mettre en valeur la force et la beauté de l’avatar. Et pourtant, voir une personne handicapée dans un film de science fiction est assez rare pour être souligné. Cette ambiguïté laisse un goût amer : faut-il se réjouir qu’une personne paraplégique soit le héros d’un film ou s’attarder sur ce coté misérabiliste, tout de même franchement dérangeant ?

Mais heureusement que la vie ne commence pas, lorsqu’on est paraplégique, quand on retrouve ses jambes ; ou, lorsqu’on est malade, quand on guérit. Au-delà de ces considérations, si ce n’est déjà fait, regardez ce film : son esthétique est bluffante et après tout, on a tous le droit de rêver d’un corps magnifiquement beau dans lequel on n’aurait plus aucun problème.

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3 commentaires

  1. Je l’ai revu il n’y a pas longtemps et je me suis fait la réflexion suivante :
    l’acteur a réussi à rendre une émotion et des sentiments très justes bien que trop courts lorsqu’il remarche pour la première fois grâce à son avatar. C’est très bien joué et j’ai eu un petit serrement de coeur face à cette scène si souvent rêvée 🙂

  2. oui je voulez rebondir sur le film  » Avatar  » , le film n’aborde pas seulement l’handicap ( ce jeune marine en fauteil ) .. il fait aussi la part belle au  » Exosquelette  » c’est machine mi- homme mi – robot .. qui sont surement l’avenir des personnes a mobilité réduite

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